Le concept de bientraitance : définition et enjeux pour les établissements
Comprendre le concept de bientraitance, c’est la première étape pour le faire vivre dans un établissement. QualiSanté Formation accompagne vos équipes pour passer du concept aux pratiques, en 1 journée sur site, partout en France.
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Pourquoi parler du concept de bientraitance aujourd’hui
Du plus jeune âge au plus grand âge, à domicile comme à l’hôpital, certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres. À partir du moment où une famille ne peut plus prendre soin d’un proche et délègue cet accompagnement à des tiers — soignants, accompagnants, éducateurs — une attente fondamentale apparaît : que le meilleur traitement possible lui soit garanti.
C’est précisément là que se loge le concept de bientraitance. Lutter contre la maltraitance et promouvoir la bientraitance est devenu un enjeu sociétal majeur — un enjeu éthique, professionnel, et désormais juridique.
Le concept de bientraitance, en miroir de la maltraitance définie par la loi
La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a posé une définition juridique unifiée de la maltraitance, désormais inscrite dans le Code de l’action sociale et des familles. Elle peut concerner toute personne en situation de vulnérabilité : enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap.
Selon cette définition, une situation de maltraitance est constatée lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte au développement, aux droits, aux besoins fondamentaux ou à la santé d’une personne, et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement.
C’est dans ce miroir que le concept de bientraitance prend tout son sens : non comme un simple opposé, mais comme une démarche active qui vise à empêcher que ces atteintes adviennent.
Le concept de bientraitance : la définition de référence
La bientraitance est une culture inspirant les actions individuelles et les relations collectives au sein d’un établissement ou d’un service. Elle vise à promouvoir le bien-être de l’usager en gardant présent à l’esprit le risque de maltraitance.
Cette définition, devenue la référence pour le secteur sanitaire, social et médico-social, dit l’essentiel en peu de mots :
- la bientraitance n’est pas un acte isolé, c’est une culture ;
- elle traverse aussi bien les gestes individuels que les relations collectives ;
- elle vise activement le bien-être de la personne accueillie ;
- elle n’oublie jamais que le risque de maltraitance existe — la bientraitance est à la fois démarche positive et mémoire du risque.
C’est cette articulation qui la rend exigeante : ce n’est ni l’absence de maltraitance, ni sa simple prévention. C’est plus, et c’est autre chose.
Le concept de bientraitance : sept notions qui le nourrissent
Le concept de bientraitance ne sort pas de nulle part. Il est l’aboutissement d’une réflexion philosophique, psychologique et professionnelle qui s’est tissée sur plusieurs décennies. En connaître les racines aide à mieux le mettre en pratique.
La bienfaisance. Issue du rapport Belmont (1979) sur l’éthique de la recherche, elle pose deux règles : ne pas nuire et maximiser les bénéfices, minimiser les torts. La bientraitance hérite de cet équilibre à trouver entre ce qui apporte un bénéfice à la personne et ce qui pourrait lui nuire.
La bienveillance. Elle se situe au niveau de l’intention : aborder l’autre, le plus fragile, avec une attitude positive et le souci de faire son bien. Elle est à la fois individuelle et collective — d’où l’importance de la veille partagée en équipe.
La mère « suffisamment bonne » de Winnicott. Issue de la psychanalyse, cette notion dit qu’une posture juste n’est jamais une posture parfaite ou abstraite : c’est un ajustement à une personne singulière, à un moment donné. C’est exactement la posture demandée au professionnel bientraitant.
L’écoute selon Carl Rogers. Quatre dimensions communicationnelles structurent une posture bientraitante : observer les faits sans juger, reconnaître ses propres sentiments, avoir conscience de ses besoins, savoir formuler une demande. Au cœur : l’empathie et la capacité de négociation.
La sollicitude (Paul Ricœur). Dans une relation dissymétrique entre un professionnel et une personne vulnérable, la sollicitude consiste à adopter une attitude qui rétablit l’équilibre plutôt que de l’accentuer. Un geste singulier, soucieux de l’unicité de l’autre.
Le care. Notion anglo-saxonne du « prendre soin », distincte du « guérir » technicien. Le care valorise l’expérience des professionnels de proximité et l’adaptation des réponses à chaque situation singulière. Faire preuve de care, c’est sortir de son propre cadre de référence pour entrer dans celui de l’autre.
La reconnaissance (Axel Honneth). Toute personne a besoin d’être regardée favorablement par ceux qui l’entourent pour développer une image positive d’elle-même. Trois vecteurs : l’attention affective, l’égal accès aux droits, l’estime sociale. Sans reconnaissance, pas d’autonomie réelle.
À ces sept racines s’ajoute le terme historique de « bien-traitance » (avec trait d’union), né dans les années 1990 au sein de l’Opération pouponnières, pour désigner une démarche partagée entre professionnels engagés dans l’humanisation de l’accueil. Le trait d’union signifiait alors le lien entre tous ceux qui prennent part à la démarche — sens qui demeure aujourd’hui.
Ce que le concept de bientraitance n’est pas
Comprendre le concept, c’est aussi écarter quelques contresens fréquents :
- Ce n’est pas l’absence de maltraitance. On peut ne maltraiter personne et ne pas être bientraitant pour autant.
- Ce n’est pas une posture maternante. L’ajustement à la personne ne signifie pas la prendre en charge à sa place.
- Ce n’est pas une recette ou une procédure figée. La bientraitance est par définition contextuelle, dynamique, individualisée.
- Ce n’est pas un sujet réservé aux soignants. Elle concerne la direction, l’encadrement, les professionnels, les bénévoles, les proches aidants, les représentants des usagers.
- Ce n’est pas un état acquis une fois pour toutes. Elle se construit dans des échanges continus entre toutes les parties prenantes.
Le concept de bientraitance comme culture d’établissement
Si la bientraitance est une culture, alors elle se construit dans la durée, par des actes répétés, par des temps d’échange, par un projet d’établissement qui lui donne sens. Elle s’enracine dans :
- un projet personnalisé d’accompagnement formalisé et actualisé,
- une culture du signalement vivante,
- des référents bientraitance identifiés et reconnus,
- un plan de formation continue pour l’ensemble du personnel,
- une parole donnée aux personnes accueillies et à leurs proches.
Aucun de ces éléments ne suffit isolément. C’est leur articulation qui produit une véritable culture bientraitante — celle qui transforme un établissement et qui se ressent, dès l’accueil, par les personnes accueillies et leurs familles.
Du concept à la pratique : former vos équipes
Le concept de bientraitance gagne à être travaillé collectivement. Une journée de formation permet à votre équipe d’en partager la définition, d’en explorer les racines, et surtout d’en tirer des pratiques concrètes pour son quotidien — postures, gestes, circuits de signalement, articulation avec le projet personnalisé.
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Le concept de bientraitance : questions fréquentes
Quelle est la différence entre bienveillance et bientraitance ? La bienveillance est une intention (vouloir le bien de l’autre). La bientraitance est une culture qui traduit cette intention en pratiques individuelles, collectives et institutionnelles, en gardant en tête le risque de maltraitance.
La bientraitance est-elle simplement le contraire de la maltraitance ? Non. Elle n’est ni le contraire logique, ni le contraire pragmatique de la maltraitance. C’est une démarche positive et active, qui inclut la mémoire du risque sans s’y réduire.
Que dit la loi du 7 février 2022 sur la maltraitance ? Elle pose une définition unifiée de la maltraitance, applicable à toute personne vulnérable : un geste, une parole, une action ou un défaut d’action qui porte atteinte aux droits, besoins fondamentaux, santé ou développement d’une personne, dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement.
Le concept de bientraitance s’applique-t-il à tous les établissements ? Oui, Qualisanté Formation s’adresse à l’ensemble du secteur sanitaire, social et médico-social : EHPAD, hôpitaux, cliniques, MAS, FAM, IME, ESAT, foyers, services à domicile, accueils de jour, et plus largement toute structure accueillant des personnes en situation de vulnérabilité.
Comment passer du concept à la pratique dans mon établissement ? Par une formation collective avec QualiSanté Formation, un projet d’établissement qui porte la démarche, des référents bientraitance identifiés, une culture du signalement vivante, et des rappels réguliers.
Faites du concept de bientraitance une culture vivante
Comprendre, c’est nécessaire. Mettre en culture, c’est ce qui change réellement le quotidien des personnes accueillies. QualiSanté Formation vous accompagne sur ce chemin, du concept aux gestes, partout en France.
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