Formation bientraitance et prévention de la maltraitance : un enjeu majeur dans les établissements médico-sociaux
La formation bientraitance et prévention de la maltraitance dans un secteur médico-social en pleine évolution, la question de la bientraitance s’impose comme un pilier essentiel de la qualité d’accompagnement. Les établissements accueillant des personnes en situation de handicap, des personnes âgées ou des usagers vulnérables sont aujourd’hui confrontés à un défi quotidien : garantir à chacun un environnement sûr, respectueux et propice à l’autonomie. Le document publié par la Haute Autorité de Santé (HAS) en octobre 2024 apporte un éclairage précieux sur les pratiques indispensables pour protéger les usagers et renforcer la qualité des soins.
Comprendre la formation bientraitance et prévention de la maltraitance : un engagement global
La bientraitance n’est pas une simple bienveillance : c’est une organisation entière, pensée pour offrir un accompagnement personnalisé, respectueux et sécurisant.
Dès la première page du document HAS, la définition est claire : être bien traité, c’est bénéficier de soins et d’aides décidés avec la personne, dans des conditions acceptables pour elle.
Cette démarche repose sur plusieurs fondamentaux :
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Connaître les besoins et attentes des personnes accompagnées
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Expliquer clairement les règles de fonctionnement de l’établissement
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Informer sur les droits et désigner une personne de confiance
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Créer un climat de dialogue permanent
Autrement dit, la bientraitance est une construction collaborative. Elle nécessite une écoute active, une posture professionnelle adaptée et une attention permanente portée aux signaux faibles.
Quand la maltraitance peut émerger : reconnaître, comprendre, prévenir
La HAS rappelle que la maltraitance peut prendre des formes très diverses : physiques, psychologiques, matérielles, mais aussi organisationnelles, comme un manque de communication ou un défaut de disponibilité des professionnels
Les exemples donnés sont concrets :
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privation de sommeil, d’hygiène ou de nourriture,
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actes réalisés sans consentement,
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absence de prise en compte des habitudes de vie,
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isolement injustifié,
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brimades, moqueries, gestes irrespectueux.
La force du document réside dans sa capacité à montrer que la maltraitance n’est pas toujours intentionnelle : elle peut découler d’un manque de coordination, d’un défaut de dialogue ou de pratiques professionnelles non adaptées.
Cette distinction est essentielle pour comprendre que prévenir la maltraitance exige une analyse continue des pratiques et une amélioration constante des organisations.
Informer, dialoguer, participer : les droits des usagers au cœur de la protection
Le document insiste sur un principe fondamental : les usagers doivent pouvoir s’exprimer librement, donner leur avis, signaler sans crainte ce qui ne leur convient pas
Cela suppose de :
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favoriser la participation aux Conseils de la Vie Sociale (CVS),
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encourager le dialogue individuel,
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permettre aux proches d’être associés à la vie de l’établissement,
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adapter l’accompagnement dès qu’un changement d’état est observé.
La participation active des usagers n’est pas une formalité : c’est une condition indispensable pour repérer les risques, adapter les pratiques et détecter les situations de vulnérabilité.
Comment agir en cas de maltraitance : un parcours clair pour protéger les personnes
L’une des forces du document HAS est d’offrir une méthode simple et progressive pour agir en cas de suspicion ou de constat de maltraitance (pages 3–4)
Les étapes proposées :
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Parler à un professionnel de confiance : un membre de l’équipe, la personne référente bientraitance, le proche ou la personne de confiance.
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Demander des explications et proposer des solutions.
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Saisir les instances internes : direction, CVS, médiation.
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Contacter des organismes externes si la situation ne s’améliore pas :
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Personne qualifiée
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Fédération 3977 (numéro national de lutte contre les maltraitances)
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Association de défense des droits
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ARS
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Défenseur des Droits
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Procureur de la République dans les cas les plus graves
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Cette gradation permet de traiter les situations au bon niveau, tout en garantissant une réponse adaptée à chaque gravité.
L’échelle “Bientraitance – Vigilance – Maltraitance” : un outil pour analyser les situations
La dernière page du document présente un outil visuel très éclairant. Il se divise en trois niveaux : Bientraitance, Vigilance, Maltraitance
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La zone verte décrit une situation idéale : respect, écoute, sécurité, participation active.
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La zone orange signale des tensions, des incompréhensions, des réponses tardives, un manque de communication.
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La zone rouge indique une situation grave : aides insuffisantes, violences, isolement, non-respect des besoins essentiels.
Cet outil est destiné aux usagers, mais il peut également être utilisé en interne par les professionnels pour évaluer leurs pratiques, ajuster leurs actions et renforcer les dispositifs de vigilance.
La formation bientraitance et prévention de la maltraitance des professionnels : la clé pour un accompagnement toujours plus sûr
La bientraitance repose sur des équipes formées, capables de reconnaître les risques, d’adopter les bons réflexes et d’ajuster leurs postures.
Les recommandations de la HAS soulignent l’importance :
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de sessions régulières de sensibilisation,
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d’outils pédagogiques accessibles,
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d’une culture commune du respect,
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d’une analyse collective des situations complexes.
Les formations spécialisées — comme celles proposées par QualiSanté Formation — permettent d’intégrer ces principes dans le quotidien des établissements et d’améliorer durablement la qualité de l’accompagnement.
Conclusion : faire de la formation bientraitance et prévention de la maltraitance une culture partagée
La bientraitance ne peut pas reposer sur quelques dispositifs isolés : elle doit devenir une culture, une manière d’être, de communiquer et d’agir.
Les apports du document HAS, clairs, progressifs et accessibles, rappellent que protéger les personnes vulnérables exige :
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une vigilance constante,
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des organisations solides,
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des professionnels formés,
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des usagers informés et écoutés.
C’est en unissant ces forces que les établissements médico-sociaux peuvent garantir un accompagnement réellement respectueux, humain et sécurisé.