Formation AFGSU 2 et freins psychologiques à la réanimation cardio-pulmonaire (RCP)
La réanimation cardio-pulmonaire (RCP) est une compétence essentielle qui peut faire la différence entre la vie et la mort lors d’un arrêt cardiaque extrahospitalier (ACEH). Pourtant, malgré son importance cruciale, même les professionnels de santé éligibles à la formation AFGSU 2 hésitent parfois à intervenir.
Chez Qualisanté, nous avons interrogé plus de 400 professionnels de santé pour comprendre leurs freins psychologiques face à une situation de réanimation. Les résultats révèlent des obstacles significatifs qui, une fois identifiés, peuvent être levés grâce à une formation adaptée.
Formation AFGSU 2: une enquête révélatrice : plus de 200 professionnels témoignent
Notre étude a ciblé un large éventail de professionnels de santé éligibles à la formation AFGSU 2 : médecins généralistes et spécialistes, chirurgiens-dentistes et assistants dentaires, sages-femmes, pharmaciens et préparateurs en pharmacie, infirmiers (IDE, IBODE, IADE, puéricultrices, IPA), aides-soignants, auxiliaires de puériculture, ambulanciers, manipulateurs d’électroradiologie médicale, kinésithérapeutes, pédicures-podologues, techniciens de laboratoire médical et préleveurs sanguins, ainsi que les accompagnants éducatifs et sociaux (AES).
Les freins psychologiques identifiés touchent tous les corps de métier, révélant que la compétence technique seule ne suffit pas pour agir efficacement en situation d’urgence.
Formation AFGSU 2 : Les 8 freins psychologiques majeurs à la réanimation cardio-pulmonaire (RCP)
1. La peur de mal faire (13,6%)
Le frein le plus fréquemment cité par les professionnels interrogés en début de formation. Cette crainte légitime de réaliser le mauvais protocole peut paralyser même les soignants expérimentés. La peur de commettre une erreur technique dans l’enchaînement des gestes devient un obstacle majeur à l’action, alors qu’en réanimation, agir imparfaitement vaut toujours mieux que ne rien faire.
2. Le manque de connaissances (11,8%)
Malgré leur formation initiale, de nombreux professionnels expriment un sentiment d’insuffisance dans leurs connaissances en réanimation. Ce frein souligne l’importance cruciale de formations régulières et actualisées, car les gestes techniques s’oublient rapidement sans pratique régulière.
3. La responsabilité juridique en cas d’échec (10%)
La crainte des conséquences légales constitue un frein majeur. Cette inquiétude d’être tenu responsable malgré la mise en pratique des gestes en cas d’échec de la réanimation pèse lourdement sur les professionnels. La formation AFGSU 2 vise justement à clarifier le cadre juridique des gestes et soins d’urgence, rassurant ainsi les intervenants sur leur protection légale lorsqu’ils agissent de bonne foi.
4. L’erreur diagnostique (9,1%)
La peur de mal évaluer la situation et de poser un diagnostic erroné freine considérablement l’action. Reconnaître un arrêt cardiorespiratoire n’est pas si simple, et cette incertitude peut être paralysante. La formation AFGSU 2 pose le cadre précis de reconnaissance afin qu’aucun doute ne subsiste : victime inconsciente + absence de respiration normale = démarrer la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) immédiatement.
5. La présence de quelqu’un de plus compétent (9,1%)
Nous attendons que « quelqu’un d’autre va intervenir » touche même les professionnels de santé. Chacun suppose qu’une personne plus qualifiée prendra les choses en main, créant une dilution de la responsabilité qui peut retarder les premiers gestes vitaux. Dans l’urgence, chaque professionnel doit se sentir légitime d’agir.
6. Le regard des autres et la peur du jugement (8,2%)
L’angoisse d’être observé, jugé ou critiqué par les collègues ou les témoins constitue un frein psychologique important. Cette dimension sociale de l’urgence ajoute une pression supplémentaire au stress déjà présent, pouvant inhiber l’action même chez des professionnels compétents.
7. Le stress (7,3%)
Le stress inhérent à toute situation d’urgence peut altérer les capacités de décision et d’action. Sans entraînement régulier, le stress devient envahissant et contre-productif, empêchant l’application des connaissances théoriques. La répétition des gestes en formation permet de mieux gérer cette charge émotionnelle.
8. Le manque de confiance en soi (6,4%) et l’hygiène de la victime (6,4%)
À égalité, ces deux freins révèlent des préoccupations distinctes mais tout aussi paralysantes. Le manque de confiance traduit un besoin de réassurance et de pratique régulière, tandis que les préoccupations hygiéniques (contact avec des fluides corporels, état de la victime) peuvent retarder l’intervention malgré l’urgence vitale.
D’autres obstacles significatifs
Au-delà de ce top 8, d’autres freins ont été identifiés : l’absence de lien de parenté avec la victime (5,5%), la peur de la mort (5,5%), le manque de temps perçu (4,5%), la peur de se mettre en danger (3,6%), la crainte d’aggraver la situation (2,7%), l’intimité dans le cas d’une victime féminine (1,8%), l’incapacité physique perçue (1,8%), la personnalité introvertie (1,8%), les antécédents ou mauvaises expériences passées (0,9%), et la culpabilité anticipée en cas d’échec (0,9%).
Un enjeu de survie où chaque seconde compte
Face à un arrêt cardiaque extrahospitalier, les premières minutes sont absolument critiques. Avant l’arrivée des secours médicalisés, la survie de la victime dépend quasi exclusivement des témoins présents, ces primo-intervenants dont le rôle est d’alerter les secours, de commencer la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) et d’utiliser un défibrillateur si disponible. C’est ce que l’on appelle la chaîne de survie.
Chez Qualisanté, nous cherchons à comprendre pour mieux agir, mieux former, cibler les freins pour mobiliser des leviers actionnables au plus près des professionnels de santé.
Identifier une urgence : pas si simple
L’urgence, heureusement, ne rythme pas nos journées. Mais lorsqu’elle frappe, savoir la reconnaître est la toute première étape, cruciale, pour agir avec efficacité. Identifier les signaux d’une situation critique n’est pas inné, ça s’apprend. Cet apprentissage est fondamental pour ne pas rester figé face à un arrêt cardiaque.
Formation AFGSU 2 et réanimation cardio-pulmonaire (RCP) : au-delà de la technique, un défi émotionnel
La réanimation cardiopulmonaire n’est pas qu’un ensemble de gestes techniques. C’est une intervention qui se déroule dans un contexte chargé d’émotion, de pression intense et de stress. Face à cela, des pièges classiques nous guettent : la peur de mal faire qui nous paralyse, la sidération qui nous fige, la perte de secondes précieuses à douter.
Notre enquête confirme ce que révèle également une étude australienne récente publiée dans Science Direct (« Barriers to CPR initiation and continuation during the emergency call relating to out-of-hospital cardiac arrest: A descriptive cohort study » d’Aldridge) : les obstacles à l’action face à un arrêt cardiaque ne sont pas qu’techniques, ils sont profondément humains et psychologiques.
L’entraînement : votre allié face à l’imprévu
C’est là que l’entraînement devient absolument indispensable. Il permet de reprendre confiance en ses capacités, d’ancrer les bons réflexes et de répéter les gestes, même les plus simples, jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques. Car l’urgence ne prévient jamais. Elle peut surgir n’importe où : au travail, dans la rue, à la maison. Être prêt à agir, c’est clairement donner une chance de survie.
La formation AFGSU 2 : un levier puissant et plébiscité
À la fin de chaque formation, nous reprenons les freins évoqués en début de session et nous constatons une diminution drastique de ces obstacles psychologiques. La formation AFGSU 2 est un puissant levier qui permet aux professionnels de santé de s’impliquer, de gagner en confiance, de ne plus craindre l’urgence mais d’en être acteur.
Un constat unanime : bien que cette formation soit réglementaire, 100% des professionnels formés comprennent son importance vitale et estiment qu’elle devrait être obligatoire, même au-delà du cercle des professionnels de santé. Cette unanimité témoigne de la prise de conscience que chacun peut et doit être un maillon de la chaîne de survie.
En confrontant ces freins, en les verbalisant et en s’entraînant dans un cadre sécurisé et bienveillant, chaque professionnel peut transformer ses appréhensions en compétences opérationnelles.
Chez Qualisanté, nous formons des professionnels confiants, prêts à faire face à l’urgence et à devenir les maillons essentiels de la chaîne de survie.