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Quels sont les 7 types de maltraitance ? Comprendre, reconnaître et prévenir

Quels sont les 7 types de maltraitance ? Comprendre, reconnaître et prévenir

La maltraitance envers les personnes vulnérables est une réalité que les professionnels du secteur médico-social ne peuvent ignorer. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), il y a maltraitance quand une attitude, une parole, un geste ou un défaut d’action appropriée survient dans une relation où il devrait y avoir de la confiance. Une telle situation peut être unique ou se répéter, et elle cause — volontairement ou non — du tort ou de la détresse à la personne.

Comprendre quels sont les 7 types de maltraitance est la première étape indispensable pour tout professionnel souhaitant exercer dans le respect de la dignité des personnes accueillies et développer une véritable culture de bientraitance au sein de son établissement médico-social.

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Quels sont les 7 types de maltraitance reconnus par la HAS ?

La HAS identifie sept formes distinctes de maltraitance. Une même situation peut combiner plusieurs types simultanément, ce qui rend leur repérage d’autant plus complexe. Voici chacun d’entre eux.

1. La maltraitance physique

Elle regroupe tous les gestes, attitudes ou absences d’action nuisant à l’intégrité physique de la personne : bousculades, brutalités, contention abusive, administration inadéquate de médicaments, privation de conditions de confort ou de sécurité, négligence dans l’alimentation ou l’hygiène. Certains signes peuvent ressembler à des problèmes de santé courants — dans le doute, il est essentiel d’interroger et d’observer.

2. La maltraitance psychologique

Il s’agit du type le plus fréquent et le moins visible. Elle englobe les humiliations, le chantage affectif, les menaces, l’infantilisation, les propos discriminatoires ou encore l’indifférence. Elle accompagne souvent d’autres formes de maltraitance et peut avoir des conséquences graves sur la santé mentale des personnes accueillies.

3. La maltraitance sexuelle

Elle comprend tout geste, parole ou attitude à caractère sexuel non consenti : propos suggestifs, comportements exhibitionnistes, agressions sexuelles, privation d’intimité ou déni de la sexualité de la personne. Les troubles cognitifs peuvent parfois générer des comportements de désinhibition qu’il convient d’encadrer avec discernement.

4. La maltraitance matérielle et financière

Ce type de maltraitance des personnes vulnérables consiste à utiliser de façon illégale ou malhonnête les biens ou documents d’une personne : détournement de fonds, pression pour modifier un testament, transactions bancaires non consenties, usurpation d’identité. Contrairement à la fraude classique, elle est exercée par une personne en lien de confiance avec la victime.

5. Les négligences, abandons et privations

Elles correspondent à des besoins essentiels non assurés : sommeil, alimentation, hydratation, hygiène de base. Ces situations peuvent résulter d’une surcharge de travail, d’effectifs insuffisants ou d’une organisation défaillante — ce qui nous amène directement au type suivant.

6. La maltraitance institutionnelle (ou organisationnelle)

Elle survient lorsqu’une organisation — publique, privée ou associative — crée ou tolère des pratiques nuisant au bien-être des personnes. Dans un établissement médico-social, cela peut se traduire par une exclusion des usagers des décisions les concernant, des soins inadaptés à leurs besoins, un manque de formation du personnel, des procédures administratives opaques ou des pratiques managériales inadéquates. Ce type de maltraitance est particulièrement important à identifier car il est souvent systémique et invisible : les professionnels peuvent développer de mauvaises pratiques sans s’en rendre compte.

7. Les discriminations et violations des droits

Elles englobent l’âgisme (discrimination fondée sur l’âge), le refus d’accès à des soins, le non-respect de la liberté d’aller et venir, de pratiquer sa religion ou d’exprimer son orientation sexuelle. Quel que soit son degré d’incapacité, toute personne conserve pleinement ses droits fondamentaux.

Comment reconnaître une situation de maltraitance ?

Le repérage précoce est un pilier de la prévention maltraitance. Plusieurs signaux doivent alerter les professionnels.

Côté personne accueillie : modification du comportement (repli, agitation, tristesse, peur), douleurs inexpliquées ou dégradation physique soudaine, besoins essentiels manifestement non couverts, changements dans les demandes ou silences inhabituels.

Côté équipe : dégradation de la qualité de vie au travail (burn-out, conflits, tensions), tensions liées aux effectifs réduits ou à l’encadrement défaillant, absence de personnes référentes identifiées en cas de problème, silence de l’établissement face aux difficultés signalées.

La HAS recommande d’anticiper les « moments sensibles » : accueil, sorties, retours d’hospitalisation, accompagnement en fin de vie, périodes festives ou de congés. Ces transitions sont des fenêtres de vulnérabilité accrue.

Quelles sont les obligations des professionnels ?

Tout professionnel intervenant auprès de personnes vulnérables dans un établissement médico-social a des obligations légales et éthiques claires : signaler toute situation constatée ou suspectée (en interne et si nécessaire en externe), protéger la personne en renforçant la surveillance, informer la personne et ses proches aidants de leurs droits — dignité, intimité, consentement, liberté d’aller et venir, numéro national 3977 —, s’assurer du consentement pour tout acte ou service, analyser ses propres pratiques et participer aux retours d’expérience collectifs, et se former régulièrement.

La culture du signalement — interne comme externe — doit être encouragée à tous les niveaux de l’établissement. Le silence institutionnel est lui-même un facteur de risque.

Comment prévenir la maltraitance en établissement médico-social ?

La prévention maltraitance repose sur une approche globale articulant bientraitance, qualité des soins et qualité de vie au travail. La formation bientraitance reste la clé, Qualisanté vous forme dans vos locaux.

Placer la personne au cœur du projet d’accompagnement

Recueillir les besoins et attentes spécifiques de chaque résident avec le soutien des proches aidants, actualiser régulièrement le projet personnalisé avec des objectifs mesurables, favoriser l’autodétermination en aidant la personne à s’exprimer et faire ses propres choix, et adapter les moyens de communication à ses capacités.

Instaurer une culture de bientraitance dans l’équipe

La bientraitance ne se décrète pas : elle se cultive au quotidien par une remise en question collective des pratiques, une posture professionnelle adaptée et le respect des bonnes pratiques professionnelles. Cela implique d’organiser des temps d’échange et de supervision, de valoriser les professionnels qui questionnent leurs pratiques, de recourir à l’approche éthique pour les situations complexes, et d’associer bénévoles et représentants des usagers aux réflexions et formations.

Former les professionnels à la bientraitance et à la prévention

La formation bientraitance est un levier essentiel. Elle permet aux équipes de connaître et identifier les 7 types de maltraitance, d’adopter les bonnes postures relationnelles, de détecter et traiter les signaux faibles d’alerte, et de prendre en charge les situations de crise sans rupture de qualité des soins. Une formation régulière, adaptée aux réalités de terrain, contribue directement à améliorer la qualité des soins et à réduire les risques psychosociaux.

Agir sur l’organisation et le management

La maltraitance institutionnelle naît souvent de dysfonctionnements organisationnels. Pour les prévenir : maintenir des effectifs adaptés y compris lors des périodes sensibles (nuits, week-ends, congés), s’assurer que chaque professionnel dispose de directives claires, identifier des personnes référentes pour tout problème constaté, et surveiller les indicateurs de qualité de vie au travail (QVCT).

FAQ — Maltraitance et bientraitance

Quels sont les différents types de maltraitance ? La HAS reconnaît 7 types de maltraitance : physique, psychologique, sexuelle, matérielle et financière, négligences/abandons/privations, institutionnelle (organisationnelle), et discriminations/violations des droits. Une même situation peut en combiner plusieurs simultanément.

Comment reconnaître une situation de maltraitance ? Les signaux à surveiller incluent les changements de comportement de la personne (repli, douleur, peur), la dégradation physique inexpliquée, les besoins essentiels non couverts, ainsi que les tensions au sein de l’équipe. La HAS recommande une vigilance accrue lors des moments de transition (accueil, retour d’hospitalisation, fin de vie).

Quelles sont les obligations des professionnels ? Tout professionnel est tenu de signaler les situations de maltraitance, de protéger la personne, de respecter ses droits fondamentaux, de s’assurer de son consentement, et de se former en continu. Le numéro national de signalement est le 3977.

Comment prévenir la maltraitance en établissement médico-social ? La prévention repose sur trois piliers : placer la personne au centre (projet personnalisé, autodétermination), instaurer une culture de bientraitance dans l’équipe (supervision, éthique, retours d’expérience), et former régulièrement les professionnels. La formation bientraitance est un investissement directement lié à la qualité des soins et à la protection des personnes vulnérables.

Conclusion : la bientraitance, une démarche continue

Comprendre quels sont les 7 types de maltraitance est indispensable, mais insuffisant. La vraie prévention maltraitance repose sur une transformation culturelle profonde au sein de chaque établissement médico-social : celle qui place la dignité, l’autonomie et le bien-être de chaque personne accueillie au cœur de toutes les pratiques professionnelles.

La bientraitance n’est pas l’absence de maltraitance — c’est une démarche active, continue, qui engage chaque professionnel, chaque encadrant et chaque organisation dans une amélioration permanente de la qualité des soins et de l’accompagnement des personnes vulnérables.

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