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L’arrêt cardiaque pédiatrique : Les chiffres clés en 2025

L’arrêt cardiaque pédiatrique : une réalité rare mais dévastatrice

Retour sur le Congrès Européen de Réanimation – Rotterdam, octobre 2025

L’arrêt cardiaque chez l’enfant reste un événement rare, mais il représente l’une des situations les plus redoutées en médecine d’urgence. À l’occasion du congrès européen sur les lignes directrices 2025 de l’ERC à Rotterdam, les experts ont présenté des données actualisées sur l’épidémiologie de la réanimation pédiatrique en Europe. Ces chiffres, encore trop méconnus, rappellent l’urgence d’une meilleure préparation face à ces situations critiques.

L’arrêt cardiaque pédiatrique : une incidence faible… mais des défis immenses

En Europe, l’incidence de l’arrêt cardiaque extra-hospitalier pédiatrique traité par les services médicaux d’urgence varie entre 3,1 et 9 cas pour 100 000 années-personnes, selon les données issues de sept pays : Italie, Espagne, Suède, Norvège, Allemagne, Danemark et Pays-Bas.
Cette incidence suit une courbe en « U » :

  • très élevée chez les nourrissons,

  • plus faible pendant l’enfance,

  • et de nouveau importante à l’adolescence.

Ces arrêts cardiaques surviennent majoritairement à domicile et sans témoin, ce qui réduit considérablement les chances de survie avant l’arrivée des secours.

L’arrêt cardiaque pédiatrique : des causes étroitement liées à l’âge

L’étiologie de l’arrêt cardiaque pédiatrique varie selon les tranches d’âge :

  • Chez les nourrissons (< 1 an) : le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) demeure la principale cause.

  • Chez les enfants plus âgés et les adolescents : les traumatismes, l’hypoxie et les causes cardiaques sont les plus fréquentes.

  • Tendance émergente : les surdoses et suicides sont en hausse chez les adolescents, notamment en Scandinavie.

Le rôle clé des témoins : encore trop limité

Malgré une sensibilisation croissante du public, la réanimation cardio-pulmonaire (RCP) par un témoin reste très inégale :
👉 de 41 % à 88 % selon les pays européens.
En revanche, l’utilisation d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) avant l’arrivée des secours demeure inférieure à 10 %.

Les freins identifiés sont nombreux :

  • peur d’utiliser un DAE sur un enfant,

  • manque de formation spécifique à la pédiatrie,

  • et absence d’électrodes adaptées aux enfants dans les lieux publics.

Pourtant, lorsqu’un DAE est utilisé rapidement, la survie peut dépasser 80 % — un chiffre qui souligne l’impact majeur de la formation et de l’accès à la défibrillation.

L’arrêt cardiaque pédiatrique: des résultats encore trop variables

Les données européennes montrent une survie globale de 7 % à 40 % selon les régions, et une survie neurologiquement favorable de 4 % à 15 %.
Ces différences s’expliquent par :

  • l’âge de l’enfant,

  • la cause de l’arrêt,

  • le rythme cardiaque initial,

  • et surtout le délai d’intervention.

Les pays comme la Suède et les Pays-Bas affichent les meilleures évolutions, avec une progression continue des taux de survie grâce à la formation du public et à une organisation optimisée des secours.

L’arrêt cardiaque pédiatrique : une comparaison internationale éclairante

Région Incidence (pour 100 000) Survie à la sortie d’hôpital
Europe 3,1 à 9,0 7 à 40 %
Australie 4,9 8,1 %
Amérique du Nord 6,8 10,2 %
Asie n.c. 8,6 %

Ces chiffres confirment que la formation du grand public et des professionnels de santé reste le levier principal d’amélioration des résultats, quel que soit le pays.

Inégalités et prévention : un enjeu sociétal

Une revue systématique récente a révélé des inégalités frappantes :

  • Les enfants issus de minorités ethniques ou vivant dans des zones défavorisées reçoivent moins souvent une RCP par témoin.

  • Les délais d’intervention sont plus longs dans les zones rurales ou à faible revenu.

Ces disparités rappellent l’importance d’un accès équitable à la formation aux gestes qui sauvent et à la mise à disposition de DAE dans tous les environnements où vivent ou évoluent des enfants.

Vers une meilleure préparation collective

Les lignes directrices 2025 du Conseil Européen de Réanimation insistent sur six priorités :
1️⃣ Former spécifiquement à la réanimation pédiatrique, y compris dans les formations grand public.
2️⃣ Installer des DAE adaptés aux enfants dans les écoles, centres sportifs et lieux publics.
3️⃣ Sensibiliser aux signes d’alerte du SMSN et des troubles cardiaques.
4️⃣ Renforcer la prévention du suicide et des surdoses chez les adolescents.
5️⃣ Assurer un suivi multidisciplinaire des jeunes survivants.
6️⃣ Réduire les inégalités territoriales en formant les professionnels et citoyens dans les zones à risque.

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Conclusion


L’arrêt cardiaque pédiatrique est rare, mais ses conséquences sont considérables. Les progrès enregistrés en Europe prouvent que l’espoir existe, à condition de renforcer la formation, la prévention et la coordination.
Les enfants ne sont pas de petits adultes : leur prise en charge nécessite une expertise et une anticipation adaptées.
Former, c’est protéger les plus vulnérables.

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