Le défibrillateur automatisé externe (DAE) analyse le rythme cardiaque et délivre, si nécessaire, un choc électrique pour interrompre la fibrillation ventriculaire lors d’un arrêt cardiaque. Depuis 2007, la France mène une politique active de déploiement des DAE, renforcée par la loi du 28 juin 2018 : tout citoyen peut en utiliser un. Fonctionnement, utilisation, obligations d’équipement, et pourquoi la formation fait toute la différence : le guide complet.
Dans le cadre de la prévention des décès liés aux arrêts cardiaques, le ministère de la Santé mène, depuis 2007, une politique active visant à favoriser le déploiement des défibrillateurs automatisés externes (DAE) sur l’ensemble du territoire et à en améliorer l’accessibilité. Cette démarche a été renforcée par la loi n°2018-527 du 28 juin 2018, adoptée à une large majorité, qui consolide le cadre législatif et réglementaire en la matière.
Dans un précédent article sur l’histoire du défibrillateur, nous avons retracé l’histoire de la défibrillation, de sa découverte à ses évolutions récentes. Nous allons à présent nous intéresser au fonctionnement et à l’usage actuel des défibrillateurs, notamment pour les professionnels de santé.
Les défibrillateurs automatiques ou semi-automatiques (DSA) sont aujourd’hui des outils essentiels en matière de réanimation cardio-pulmonaire. Leur conception et leur évolution témoignent d’avancées significatives dans le domaine des soins d’urgence, permettant de sauver des vies grâce à leur simplicité d’utilisation et leur efficacité.
Qu’est-ce qu’un défibrillateur ?
Il existe trois grands types de défibrillateurs :
- Les défibrillateurs manuels : réservés à l’équipe médicale.
- Les défibrillateurs semi-automatiques : l’appareil analyse le rythme cardiaque et identifie le rythme électrique choquable, puis le choc est délivré lorsque l’utilisateur appuie sur un bouton à la demande de l’appareil.
- Les défibrillateurs entièrement automatiques : l’appareil réalise une analyse du rythme cardiaque et identifie le trouble du rythme si nécessaire. Le choc est alors délivré directement par l’appareil, sans intervention de l’utilisateur.
Quel que soit le type de défibrillateur, grâce à une assistance vocale, l’utilisateur est guidé pas à pas, du retrait des vêtements en passant par le placement des électrodes parallèlement au massage cardiaque effectué. C’est le défibrillateur qui fait le diagnostic et décide de la nécessité de choquer ou pas. Les rythmes identifiés par le défibrillateur sont la FV et TV.
Comment fonctionne un défibrillateur ?
La fibrillation ventriculaire est le trouble du rythme le plus grave, avec une issue fatale en quelques minutes si elle n’est pas traitée. Elle est causée par une désorganisation complète du signal électrique au niveau du myocarde, empêchant le cœur de pomper efficacement le sang.
Le cerveau reçoit moins de sang entrainant une hypoperfusion cérébrale provoquant la perte de connaissance, après quelques secondes. Si cette hypoperfusion persiste des lésions tissulaires cérébrales irréversibles se constituent en moins de dix minutes.
Le défibrillateur fonctionne en administrant un choc électrique de forte intensité pendant un court instant afin de rétablir un rythme cardiaque normal ou rythme sinusal. Ce choc provoque une pause électrique temporaire (3 à 5 secondes), permettant au nœud sinusal de reprendre le contrôle du rythme cardiaque. Toutefois, il est possible que le premier rythme qui reprenne après le choc soit encore pathologique, nécessitant une nouvelle analyse et potentiellement un second choc.
Voici les étapes principales du fonctionnement d’un défibrillateur :
- Instructions vocales et visuelles : L’appareil guide l’utilisateur dans la pose des électrodes et le bon déroulement de la réanimation cardio-pulmonaire (RCP). Cette clarté des instructions garantissant une utilisation correcte même dans des situations stressantes.
- Analyse du rythme cardiaque : Le défibrillateur détecte si le rythme est choquable (fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire sans pouls).
- Administration du choc électrique : Si nécessaire, le défibrillateur délivre un choc pour restaurer un rythme cardiaque normal.
- Reprise de la réanimation : L’utilisateur est invité à poursuivre la RCP jusqu’à l’arrivée des secours.
Si le premier choc n’est pas efficace, une nouvelle série de chocs peut être tentée après deux minutes de massage cardiaque.
Importance des DSA pour les professionnels de santé
Pour les professionnels de santé, les DSA sont des outils précieux dans la prise en charge des arrêts cardiaques. Ils permettent d’intervenir rapidement, même en l’absence d’un médecin, et de stabiliser la victime en attendant l’arrivée des secours spécialisés. Nous savons que plus le défibrillateur est posé rapidement plus le taux de survie est important. Par exemple, si le défibrillateur est posé entre 1 et 3 minutes, le taux de survie est de 40 à 60%. Par contre, le taux de survie est de 25%, s’il est posé en plus de 10 minutes. Chez QualiSanté Formation ( insérer le lien ) https://qualisante.fr/, leur utilisation est systématiquement enseignée dans les formations comme l’AFGSU 2, nous incluons également des simulations réalistes pour maîtriser ces outils vitaux.
Qui peut utiliser un défibrillateur ?
Grâce au décret n°2007-705 du 4 mai 2007 ( https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000278696) , toute personne, même non-médecin, est habilitée à utiliser un défibrillateur. Leur simplification a permis de former des milliers de citoyens à leur utilisation, favorisant une réponse collective aux urgences cardiaques. C’est pourquoi ces appareils sont installés dans de nombreux lieux publics comme les gares, les aéroports, les centres commerciaux, ou les pharmacies.
Accompagné d’un massage cardiaque, la défibrillation augmente considérablement les chances de survie. Toute personne témoin d’un arrêt cardiaque doit initier la « chaîne de survie », comprenant l’alerte des secours, la Réanimation Cardio-pulmonaire et l’utilisation d’un défibrillateur en attendant la prise en charge médicale.
Qui doit s’équiper d’un défibrillateur ?
- Les trois concepts :
- La logique du nombre : installer des DAE aux endroits les plus fréquentés ;
- La logique de délai d’intervention des secours d’urgence : installer des DAE dans les lieux où le temps d’intervention des secours est supposé long ;
- La logique d’accessibilité : installer, dans la mesure du possible, les DAE dans les lieux accessibles en permanence en extérieur.
L’installation des DAE dans les établissements recevant du public (ERP) est régie par la loi. Le décret n°2018-1186 du 19 décembre 2018 précise que :
- À partir du 1er janvier 2020, les ERP de catégories 1, 2 et 3 doivent être équipés.
- À partir du 1er janvier 2021, les ERP de catégorie 4.
- À partir du 1er janvier 2022, certains ERP de catégorie 5.
En dehors des ERP soumis à cette obligation, toute entreprise, collectivité ou particulier peut librement s’équiper d’un défibrillateur.
Vers l’avenir : innovations et perspectives des défibrillateurs
Les défibrillateurs évoluent avec des technologies innovantes, comme la connectivité sans fil permettant une transmission des données en temps réel aux services médicaux. Ces avancées visent à améliorer la rapidité et l’efficacité des interventions, augmentant encore le taux de survie en cas d’arrêt cardiaque.
En conclusion, les défibrillateurs ont révolutionné la prise en charge des arrêts cardiaques. Leur accessibilité et leur simplicité d’utilisation en font des outils essentiels pour les professionnels de santé comme pour le grand public. La sensibilisation et la formation restent essentielles pour maximiser leur impact et sauver encore plus de vies. QualiSanté Formation est l’organisme de référence afin former les professionnels de santé aux gestes et soins d’urgence de niveau 2 (AFGSU 2). Et de maintenir leur compétence à jour grâce au recyclage AFGSU 2
Il est accroché dans le couloir, dans le hall d’entrée, à la sortie du gymnase. Tout le monde le voit. Mais en cas d’arrêt cardiaque, combien de personnes savent réellement s’en servir ? Une publication scientifique internationale parue en mars 2026 dans la revue Resuscitation remet le défibrillateur automatisé externe (DAE) au centre du débat. Au-delà des questions techniques qu’elle soulève, elle rappelle une vérité fondamentale : avoir un DAE ne suffit pas. Savoir l’utiliser, c’est ce qui fait la différence.
Ce que révèlent les études : les limites des programmes DAE
Des chercheurs européens publient dans Resuscitation une réflexion critique sur les programmes d’accès public aux défibrillateurs. Leur constat de départ : de nombreux DAE installés dans des lieux publics ou des établissements de santé il y a dix ans ou plus deviennent progressivement inutilisables : non pas parce que l’appareil est défaillant, mais parce que ses consommables (batteries, électrodes adhésives) ne sont plus fabriqués ni disponibles.
Ce phénomène, qu’ils appellent l’obsolescence fonctionnelle, crée un écart préoccupant entre le nombre de DAE officiellement enregistrés et le nombre de DAE réellement opérationnels. Dans certains contextes, un DAE affiché comme disponible peut en réalité être hors service.
Les auteurs appellent à une meilleure gestion du cycle de vie des appareils, à une transparence accrue des fabricants, et à une intégration des enjeux de durabilité dans les politiques publiques de défibrillation.
Source : Imbriaco et al., Resuscitation, Volume 220, mars 2026
DAE et arrêt cardiaque : pourquoi la disponibilité ne suffit pas
Cette publication soulève une question que les recommandations ERC 2025 posent également avec force : la présence d’un DAE dans un lieu ne garantit pas son utilisation efficace en situation réelle.
Plusieurs facteurs entrent en jeu :
: Un DAE peut être présent mais non opérationnel (consommables périmés ou indisponibles) : Un DAE peut être opérationnel mais inaccessible (enfermé, mal signalé, inconnu des occupants) : Un DAE peut être accessible mais inutilisé : parce que personne sur place ne sait comment s’en servir
C’est ce troisième facteur qui est le plus fréquent, et le plus évitable. La couverture en DAE ne se traduit en survie que si des personnes formées sont présentes pour les utiliser. L’étude danoise publiée le même mois dans la même revue le confirme : dans les zones où la formation aux gestes d’urgence est insuffisante, les taux de défibrillation par les témoins sont significativement plus faibles : même quand les appareils sont disponibles à moins de 100 mètres.
Utilisation du DAE : ce que vous apprenez en formation
La formation AFGSU 2 intègre la manipulation du défibrillateur automatisé externe comme compétence centrale du Module 1, consacré aux urgences vitales. Elle ne se limite pas à expliquer le fonctionnement théorique de l’appareil : elle vous place en situation réelle, face à un DAE, dans le cadre d’un scénario d’arrêt cardiaque simulé.
Ce que vous pratiquez concrètement :
: Reconnaissance immédiate de l’arrêt cardiaque et décision d’utiliser le DAE : Mise en marche et application des électrodes dans la bonne position : Coordination entre massage cardiaque et analyse du rythme par le DAE : Gestion des interruptions de RCP pendant la charge et le choc : Reprise immédiate du massage après le choc, sans attendre
Ces gestes ne s’improvisent pas sous stress. Ils s’apprennent, se pratiquent, se répètent : jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques. C’est précisément l’objectif de la formation AFGSU 2 : faire du DAE un réflexe, pas une hésitation.
La formation aux gestes d’urgence vitale qui intègre le défibrillateur
L’Attestation de Formation aux Gestes et Soins d’Urgence de niveau 2 (AFGSU 2) couvre l’ensemble de la chaîne de survie face à l’arrêt cardiaque, du massage cardiaque à l’utilisation du DAE, en passant par l’alerte des secours et la gestion des voies aériennes.
Ce que vous apprenez en AFGSU 2 :
: Reconnaissance de l’arrêt cardiaque et alerte immédiate du SAMU : RCP de qualité : massage cardiaque externe et ventilation adaptée : Utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE) en conditions simulées : Prise en charge des obstructions des voies aériennes (OVACE), hémorragies, traumatismes : Préparation aux situations sanitaires exceptionnelles (SSE)
L’ AFGSU 2 certifiée Qualiopi est obligatoire pour l’obtention de la plupart des diplômes de santé et doit être renouvelée tous les 4 ans. Elle concerne tous les professionnels de santé mentionnés dans la quatrième partie du code de la santé publique : infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, IADE, médecins, aides-soignants, ambulanciers, et bien d’autres.
Recommandations ERC 2025 : le DAE au cœur de la chaîne de survie
Les recommandations ERC 2025 réaffirment le rôle central du DAE dans la survie après arrêt cardiaque extrahospitalier. Elles insistent sur deux points complémentaires : l’accessibilité des appareils d’une part, et la formation des témoins potentiels d’autre part. L’un sans l’autre ne suffit pas.
La publication de mars 2026 ajoute une troisième dimension : la fiabilité opérationnelle des appareils dans le temps. Un programme DAE efficace repose sur trois piliers indissociables : des appareils disponibles et fonctionnels, des personnes formées pour les utiliser, et une chaîne de survie entraînée régulièrement.
DAE et formation : deux conditions indissociables
Un DAE présent mais inutilisé ne sauve personne. Un DAE utilisé par une personne non formée est moins efficace qu’il ne pourrait l’être. Un DAE utilisé par un professionnel de santé formé à l’AFGSU 2, en coordination avec une RCP de qualité : c’est la configuration qui offre les meilleures chances de survie.
Vous travaillez dans un environnement où un arrêt cardiaque peut survenir à tout moment. Votre formation AFGSU 2 n’est pas seulement une obligation réglementaire : c’est la garantie que le DAE accroché dans votre service sera utilisé efficacement le jour où il le faudra.
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FAQ : le défibrillateur
Tout le monde peut-il utiliser un défibrillateur ?
Oui : depuis le décret de 2007, toute personne, même non médecin, est autorisée à utiliser un défibrillateur automatisé externe. L’appareil guide l’utilisateur par des instructions vocales et n’administre le choc que s’il est nécessaire.
Un défibrillateur peut-il faire mal à la victime par erreur ?
Non : le DAE analyse lui-même le rythme cardiaque et ne propose le choc que s’il détecte un rythme choquable (fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire). Il est conçu pour être sans danger entre les mains du grand public.
Le défibrillateur remplace-t-il le massage cardiaque ?
Non : les deux sont indissociables. Le massage cardiaque maintient la circulation en attendant le choc, et reprend immédiatement après. La chaîne de survie combine alerte, massage, défibrillation précoce et prise en charge médicalisée.
Faut-il une formation pour utiliser un DAE ?
La loi ne l’exige pas, mais les études montrent que la disponibilité des appareils ne suffit pas : la rapidité et la qualité de l’intervention font la différence. La formation AFGSU 2 entraîne les professionnels de santé à l’utilisation du DAE au sein de la réanimation complète.
Pour aller plus loin
Article rédigé par QualiSanté Formation, organisme certifié Qualiopi conventionné par le CESU, formateurs habilités issus des services d’urgence. Dernière mise à jour : 12 août 2026.

