Mise à jour du 3 août 2026
Qu’est-ce que la bientraitance ? La définition en bref. La bientraitance est « une culture inspirant les actions individuelles et les relations collectives au sein d’un établissement ou d’un service. Elle vise à promouvoir le bien-être de l’usager en gardant présent à l’esprit le risque de maltraitance ». Cette définition officielle, posée par la recommandation de bonnes pratiques professionnelles reprise par la HAS, dit l’essentiel : la bientraitance n’est ni un état, ni une qualité personnelle — c’est une démarche collective et continue, qui s’apprend et s’entretient.
Qu’est-ce que la bientraitance, au juste ? Le mot est partout — référentiels, projets d’établissement, évaluations — mais il est souvent réduit à un synonyme de gentillesse, ou à la simple absence de maltraitance. Il désigne pourtant une démarche précise, avec une définition officielle, des repères établis et des principes d’action. Les voici.
Qu’est-ce que la bientraitance : la définition officielle
Le terme entre dans le vocabulaire institutionnel en 2008, avec la recommandation de bonnes pratiques professionnelles de l’ANESM — dont les travaux sont aujourd’hui repris par la Haute Autorité de santé. Trois éléments de la définition méritent d’être soulignés :
- « une culture » — pas une procédure ni une compétence individuelle : elle se partage à l’échelle de toute la structure, direction comprise ;
- « inspirant les actions individuelles et les relations collectives » — elle se joue dans chaque geste du quotidien autant que dans l’organisation ;
- « en gardant présent à l’esprit le risque de maltraitance » — la bientraitance n’est pas l’inverse naïf de la maltraitance : elle en intègre la vigilance permanente.
La formule qui résume le mieux la posture attendue : la bientraitance fait avec la personne, là où la simple bonne volonté fait pour elle. Redonner le choix — y compris celui de refuser — dans chaque moment de l’accompagnement.
Bientraitance, bienveillance, maltraitance : trois notions à ne pas confondre
Répondre à « qu’est-ce que la bientraitance » impose de la distinguer de deux notions voisines, avec lesquelles elle est confondue tous les jours :
| Notion | Ce que c’est | Ce qui la caractérise |
|---|---|---|
| Bienveillance | Une disposition personnelle : vouloir le bien de l’autre | Individuelle, spontanée — nécessaire mais insuffisante : on peut être bienveillant et décider à la place de la personne |
| Bientraitance | Une démarche professionnelle et collective | S’apprend, s’organise, s’évalue : respect des choix, participation de la personne, vigilance sur les risques |
| Maltraitance | Toute atteinte à la dignité, à l’intégrité ou aux droits — par action ou par omission | Peut être active ou passive, intentionnelle ou involontaire ; définie légalement depuis la loi du 8 avril 2024 |
La nuance entre bienveillance et bientraitance est celle qui change les pratiques : la première est une qualité, la seconde une compétence. Et la maltraitance dite « ordinaire » — négligences, infantilisation, rythmes imposés — naît le plus souvent de l’habitude et de l’organisation, pas de l’intention de nuire. C’est précisément ce que la vigilance bientraitante permet de repérer ; notre article sur les 7 types de maltraitance en donne la grille complète.
Les quatre repères fondateurs de la bientraitance
La recommandation de 2008 structure la démarche autour de quatre repères, qui restent le socle de toute mise en œuvre :
Les cinq principes qui guident la pratique au quotidien
Sur le terrain, la démarche se décline en principes d’action simples à énoncer — et exigeants à tenir :
- le respect de la dignité, de l’histoire et des choix de la personne, quels que soient son âge, sa situation ou ses capacités ;
- la préservation de l’autonomie : ne jamais faire à la place de ce que la personne peut faire, même plus lentement ;
- la sécurité, physique et affective, dans un cadre clair, cohérent et prévisible ;
- la participation et l’expression : conseil de la vie sociale, enquêtes, recueil de la parole — la personne a voix au chapitre ;
- le questionnement permanent des pratiques : analyser, réinterroger, ajuster — la bientraitance n’est jamais acquise une fois pour toutes.
Pourquoi la bientraitance est-elle importante ?
Savoir répondre à « qu’est-ce que la bientraitance » n’est pas un exercice théorique : le référentiel attend une définition commune, partagée par l’ensemble des acteurs — et les évaluateurs la vérifient en interrogeant directement les équipes. Au-delà de l’évaluation, la démarche compte parce qu’elle protège les plus vulnérables, d’abord : personnes âgées, personnes en situation de handicap, enfants, patients — tous ceux dont la dépendance à autrui rend les droits fragiles dans les faits. Parce qu’elle est devenue une exigence des dispositifs qualité, ensuite : le référentiel d’évaluation des ESSMS classe plusieurs critères qui la concernent en impératifs, et la certification des établissements de santé porte les mêmes attentes — le détail figure dans notre article la formation bientraitance est-elle obligatoire.
Et parce qu’elle transforme le travail lui-même : les équipes formées à la bientraitance disposent d’un langage commun, d’outils pour les situations difficiles et d’espaces pour questionner leurs pratiques — ce qui stabilise les équipes autant que cela protège les personnes.
De la définition à la pratique
La question « qu’est-ce que la bientraitance » trouve sa vraie réponse sur le terrain. Notre formation bientraitance et prévention de la maltraitance transforme ces repères en compétences concrètes, en intra dans votre établissement, partout en France. Nous nous adaptons à vos contraintes organisationnelles afin que vous puissiez assurer la continuité de l’accompagnement tout en formant vos équipes.
FAQ : qu’est-ce que la bientraitance ?
Qu’est-ce que la bientraitance selon la définition officielle ?
« Une culture inspirant les actions individuelles et les relations collectives au sein d’un établissement ou d’un service », visant le bien-être de l’usager tout en gardant présent à l’esprit le risque de maltraitance — définition posée par la recommandation de bonnes pratiques de 2008, reprise par la HAS.
Quelle différence entre bientraitance et bienveillance ?
La bienveillance est une qualité individuelle : vouloir le bien de l’autre. La bientraitance est une compétence professionnelle et collective : faire avec la personne, respecter ses choix, organiser la vigilance. On peut être bienveillant et décider à la place de la personne — on n’est alors pas bientraitant.
La bientraitance est-elle le contraire de la maltraitance ?
Non, elle est plus que cela : la définition officielle intègre la vigilance permanente sur le risque de maltraitance. Une structure bientraitante n’est pas une structure qui s’estime à l’abri, c’est une structure qui organise le repérage et la prévention.
Quels sont les quatre repères de la bientraitance ?
L’usager co-auteur de son parcours, la qualité du lien entre professionnels et personnes accompagnées, l’enrichissement des accompagnements par toutes les contributions pertinentes, et le soutien aux professionnels dans leur démarche.
Qui est concerné par la bientraitance ?
Tous les secteurs qui accompagnent des personnes vulnérables : ESSMS — EHPAD, structures du handicap, aide à domicile, protection de l’enfance — et établissements de santé, du soignant à la direction.
La bientraitance est-elle évaluée ?
Oui. Le référentiel d’évaluation des ESSMS lui consacre plusieurs critères, dont certains impératifs, et la certification des établissements de santé examine la prise en charge bientraitante du patient.
Comment se former à la bientraitance ?
Par une formation dédiée, en équipe de préférence : la bientraitance étant une culture collective, elle se construit mieux quand soignants, éducateurs, personnels administratifs et encadrement partagent la même session.
D’où vient le concept de bientraitance ?
Le terme s’institutionnalise en France avec la recommandation ANESM de 2008, dans le prolongement de la loi du 2 janvier 2002 sur les droits des usagers. Il puise aussi dans l’éthique du care, qui place l’attention à l’autre au cœur de la relation d’accompagnement.
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Pour aller plus loin
Article rédigé par QualiSanté Formation — Organisme de formation certifié Qualiopi. Dernière mise à jour : 3 août 2026.
