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Qualisanté

PLS : la définition en une phrase

PLS est le sigle de Position Latérale de Sécurité : le geste de premiers secours qui consiste à allonger sur le côté une personne inconsciente qui respire, pour maintenir ses voies aériennes dégagées et éviter l’étouffement en attendant les secours. Vous trouverez ci-dessous la technique complète en 7 étapes selon les recommandations ERC 2025, le côté à choisir, les contre-indications, la variante à 2 secouristes, et même l’origine de l’expression familière « être en PLS ».

Une personne inconsciente laissée sur le dos risque l’étouffement en quelques minutes : la langue bascule en arrière, les liquides s’accumulent dans la gorge. La Position Latérale de Sécurité prévient ce risque vital. Ce guide, rédigé par des formateurs habilités CESU, suit les recommandations européennes en vigueur.

Position Latérale de Sécurité : définition et objectif

La Position Latérale de Sécurité (PLS), également appelée « Recovery Position » dans les pays anglo-saxons, permet de maintenir libres les voies respiratoires d’une personne inconsciente qui respire. Lorsque quelqu’un perd connaissance, l’ensemble des muscles se relâche et certains réflexes protecteurs disparaissent. Sur le dos, la personne inconsciente s’expose à un étouffement provoqué par :

  • la chute de la langue en arrière ;
  • l’inhalation de vomissements (passage du contenu gastrique dans les poumons) ;
  • l’accumulation de sécrétions dans les voies aériennes.

Le principe fondamental : en position latérale, la bouche devient le point le plus bas du visage, ce qui permet l’écoulement naturel des liquides vers l’extérieur au lieu des poumons.

PLS à droite ou à gauche : quel côté choisir ?

Dans le cas général, aucun côté n’est à privilégier : vous pouvez tourner la victime indifféremment sur le côté droit ou le côté gauche, le plus souvent vers vous. Il existe deux exceptions importantes : la femme enceinte, à installer de préférence sur le côté gauche (pour éviter la compression de la veine cave inférieure par l’utérus), et la personne obèse, pour laquelle on choisit le côté qui facilite le retournement et la surveillance.

Ce geste s’apprend en pratique

La formation AFGSU 2 vous enseigne la PLS sur mannequins et en scénarios réalistes, selon les recommandations ERC 2025 : technique de retournement, critères de décision, surveillance.

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Quand pratiquer la PLS ? Indications et contre-indications (ERC 2025)

Les indications

Selon les recommandations de l’European Resuscitation Council (ERC) 2025, la Position Latérale de Sécurité est indiquée pour les adultes et les enfants qui présentent une diminution de la réactivité (inconscience ou somnolence profonde) d’origine médicale ou liée à un traumatisme non physique, qui respirent normalement et qui ne répondent pas aux critères de la réanimation cardio-pulmonaire. Exemples de situations : intoxication alcoolique, phase qui suit une crise convulsive, hypoglycémie sévère traitée mais avec conscience altérée.

Les contre-indications absolues

Ne JAMAIS placer en Position Latérale de Sécurité : une personne présentant une respiration agonique (gasps) ; une personne en arrêt cardio-respiratoire, chez qui il faut débuter immédiatement la réanimation cardio-pulmonaire ; une personne ayant subi un traumatisme physique (chute, accident, coup violent).

Victime traumatisée inconsciente qui respire : selon les recommandations SFMU et ANCESU 2026, elle est installée en position HAINES (High Arm IN Endangered Spine) : le bras situé du côté du retournement est étendu au-dessus de la tête et la tête repose sur ce bras, ce qui limite les mouvements du rachis cervical. À deux sauveteurs, le retournement se fait en monobloc, dans le respect strict de l’axe tête-cou-tronc, avec pose d’un collier cervical si disponible.

Le cas particulier du surdosage d’opioïdes

Une étude observationnelle a montré que la position semi-assise peut être préférable à la position latérale en cas de surdosage d’opioïdes, pour faciliter la ventilation. La prise en charge de ces situations spécifiques relève des secours médicalisés : alertez le 15 sans délai.

La technique de la PLS étape par étape (ERC 2025)

Avant de placer la victime

  • Assurez-vous que la personne respire normalement (poitrine qui se soulève, air qui sort du nez et de la bouche) ;
  • appelez les secours (15 ou 112), ou faites appeler si vous n’êtes pas seul ;
  • vérifiez l’absence de traumatisme (chute, accident).

Les 7 étapes de la Position Latérale de Sécurité

  1. Positionnement initialAssurez-vous que les jambes de la personne sont droites, puis agenouillez-vous à côté d’elle.
  2. Bras du côté du secouristePlacez le bras le plus proche de vous à angle droit par rapport au corps. Le coude peut être tendu ou fléchi à 90 degrés : les études ne montrent aucune différence.
  3. Bras opposéRamenez le bras opposé devant la poitrine et placez le dos de la main contre la joue, de votre côté. Maintenez cette main en place.
  4. Jambe opposéeSaisissez la jambe opposée juste au-dessus du genou et soulevez doucement le genou en gardant le pied au sol.
  5. RetournementTout en maintenant la main pressée contre la joue, tirez sur la jambe pliée et faites rouler délicatement la personne vers vous, sur le côté.
  6. StabilisationAjustez la cuisse pour que la hanche et le genou soient pliés à angle droit : cette position évite que la personne ne roule sur le ventre ou sur le dos.
  7. Tête et voies aériennesInclinez délicatement la tête en arrière pour ouvrir les voies respiratoires, ajustez la main sous la joue pour maintenir la tête tournée vers le sol, bouche ouverte et orientée vers le bas.

Variante en cas de grande différence de taille : si vous êtes beaucoup plus petit que la personne inconsciente, vous pouvez positionner d’abord les membres, puis vous aider de votre genou en appui contre son dos pour accompagner le retournement.

La PLS à 2 secouristes

À deux, la manœuvre gagne en sécurité, en particulier lorsqu’un traumatisme ne peut pas être écarté mais que la mise sur le côté s’impose. Conformément aux recommandations SFMU et ANCESU 2026, le retournement se fait en monobloc : le premier secouriste se place à la tête et maintient l’axe tête-cou-tronc à deux mains pendant toute la manœuvre ; le second prépare les bras et la jambe puis réalise le retournement. C’est le secouriste de tête qui commande la bascule (« à mon signal »), afin que la tête, le cou et le tronc tournent d’un seul bloc. Chez la victime traumatisée, la position d’attente est la position HAINES, avec collier cervical si disponible. Cette coordination s’apprend et se répète en formation : c’est exactement le type de mise en situation travaillée en AFGSU 2.

La surveillance continue obligatoire

Une fois la personne placée en PLS, vérifiez régulièrement la respiration (fréquence, amplitude), la liberté des voies aériennes et le niveau de conscience, jusqu’à l’arrivée des secours. En cas de détérioration : remettez immédiatement la personne sur le dos et débutez la réanimation cardio-pulmonaire si nécessaire. Si l’attente se prolonge, changez de côté toutes les 30 minutes.

L’histoire de la PLS : 70 ans d’un geste qui sauve

La PLS actuelle est le fruit d’une longue évolution médicale. Dans les années 1950, face à l’hécatombe routière de l’après-guerre, le professeur Marcel Arnaud, neurochirurgien marseillais, constate un afflux massif d’accidentés et recommande d’allonger la victime, de dégager le cou, le thorax et l’abdomen de toute pression, et de basculer la tête pour libérer les voies aériennes. En 2000, l’European Resuscitation Council standardise la technique de retournement pour toute l’Europe. En 2010, le consensus s’assouplit : aucun côté spécifique n’est imposé, et le changement de côté est préconisé en cas d’attente prolongée. En 2025, la revue de l’ILCOR (International Liaison Committee on Resuscitation), fondée sur l’analyse de 34 études, confirme des recommandations désormais fondées sur les preuves. Le principe, lui, n’a pas changé depuis le Pr Arnaud : empêcher l’étouffement d’une personne inconsciente qui respire.

La PLS en formation AFGSU 2 : du geste lu au geste maîtrisé

La PLS semble simple, mais son exécution correcte exige de connaître les indications et contre-indications, de maîtriser le retournement en douceur et d’assurer une surveillance structurée.

Les erreurs fréquentes des non-formés : placer en PLS une personne en arrêt respiratoire (perte de temps vitale) ; retourner une victime de traumatisme (aggravation des lésions) ; mal positionner la tête (voies aériennes non libérées) ; ne pas surveiller (détérioration non détectée).

En formation AFGSU 2, vous apprenez l’évaluation rapide (conscience, respiration, traumatisme), la décision adaptée (PLS, RCP ou immobilisation), la technique de retournement, le positionnement optimal des voies aériennes, la surveillance et ses critères d’alerte, et les adaptations à l’adulte, à l’enfant, à la femme enceinte et à la personne obèse. Le tout en pratique, sur mannequins et en scénarios réalistes (malaise, intoxication, phase post-convulsive), en groupe de 12 apprenants maximum.

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FAQ : vos questions sur la PLS

Que veut dire PLS ?

PLS signifie « Position Latérale de Sécurité » : le geste de premiers secours qui consiste à allonger sur le côté une personne inconsciente qui respire, pour éviter l’étouffement. Dans le langage familier, « être en PLS » signifie être épuisé, abattu ou mal en point : l’expression vient précisément de cette position de secours.

Sur quel côté faut-il placer la personne ?

Aucun côté spécifique n’est imposé par les recommandations ERC 2025 : côté droit ou gauche, le plus souvent vers vous. Deux exceptions : la femme enceinte (côté gauche de préférence) et la personne obèse (le côté qui facilite le retournement et la surveillance).

Peut-on placer une femme enceinte en PLS ?

Oui, en privilégiant le côté gauche pour éviter la compression de la veine cave inférieure par l’utérus. Cette position préserve le retour veineux et l’oxygénation de la mère et de l’enfant.

Faut-il mettre en PLS après une crise d’épilepsie ?

Oui. Après une crise convulsive, la personne traverse une phase dite post-critique avec altération de la conscience : la PLS est indiquée si elle respire normalement, jusqu’au retour complet de la conscience ou l’arrivée des secours.

Que se passe-t-il si la personne vomit ?

C’est justement l’intérêt de la PLS : les vomissements s’écoulent naturellement par la bouche vers l’extérieur au lieu d’être inhalés. Surveillez que les voies aériennes restent dégagées.

Combien de temps peut-on laisser une personne en PLS ?

La PLS est une position d’attente des secours, pas une solution définitive. Surveillez en continu et changez de côté toutes les 30 minutes si l’attente se prolonge. Ne laissez jamais la personne seule.

La PLS est-elle la même pour un enfant ?

Oui, la technique est identique pour l’enfant : adaptez simplement votre force et l’amplitude des gestes à sa morphologie.

Et pour un nourrisson ?

Un nourrisson inconscient qui respire doit lui aussi être installé sur le côté, le plus souvent dans les bras du secouriste, tête légèrement basculée en arrière pour maintenir les voies aériennes libres. La technique précise s’apprend en formation.

Comment faire la PLS à 2 secouristes ?

Le premier secouriste maintient la tête et l’axe tête-cou-tronc pendant toute la manœuvre et commande la bascule ; le second prépare les membres et réalise le retournement. La tête, le cou et le tronc tournent d’un seul bloc.

Et si la victime est traumatisée ?

Une victime traumatisée inconsciente qui respire est installée en position HAINES (le bras du côté du retournement étendu au-dessus de la tête, qui repose sur ce bras), en retournement monobloc à deux sauveteurs dans le respect de l’axe tête-cou-tronc, avec un collier cervical si disponible, conformément aux recommandations SFMU et ANCESU 2026.

Pour aller plus loin

Sources et références

Article rédigé par QualiSanté Formation, organisme certifié Qualiopi conventionné par le CESU, formateurs habilités issus des services d’urgence. Dernière mise à jour : 11 août 2026.

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